Chemin entre la Guarlande et les Vignes des Côtes de Clermont #12
Tandis
que j'écris
je
compte et je tourne autour de la ville
combien de pages et de kilomètres
comment
la lisière est désormais incise dans mon écriture
dans
ma capacité à écrire
à
boucler 300 étapes plus ou moins
l'existence
cartographiée du trait prend corps dans les pages et les mots
la
lisière réside autant sur la carte que je la décris laborieusement
sans
la saisir complétement
lui
faisant porter et dire les fantasmes et une poétique du désœuvrement
de
l'errance
de
la fuite et de l'enfermement
lisière
auto-engendrée
onanisme
descriptif
d'autant
que je vois la fin
le tour
le
trait dans chaque coin de rue
chaque
bord de chaussée
la
lisière et cet enrobé mal coulé
ce
fossé rempli de feuilles et d'herbe coupé
ce
trou de mulot gratté
ce
passage de renard sous cette haie mal taillée
lisière
inerte que décrire au long des pages fait vivre
et
rend pleine d'un monde réel
coin
du trait formel de la carte
comme
coupe d'abondance





