Avenue de Clermont
Aux
limites toujours les belvédères donnent à voir un paysage
toujours
un paysage même minuscule
même
de verdure hachée
un
panorama hachuré de terrasses en murailles
là
c'est le coteau
tour
de détermination des sens
rectitude
de la communication lente
et
colline sauvage de prisons arbustifs
lisière
en friche et foret primitive
combien
de temps encore avant que ça ne soit construit
population
naturophage
bétonisation extensive
pas
un belvédère vert ne passera les âges
pas
une colline ne coulera sous les fers à béton et
les moulins
les
toupies
détestation
sans fin des extensions de la ville
monstre
pressé et compressé
ça questionne la supportabilité du monde
lisière
comme témoin blasé des dépassements et des anéantissements
là
tout n'est que verdure calme
et
pourtant comme un volcan ultime
les
bétons les goudrons les silicones couleront viendront meubler
ce
qui leur semble vide
tellement
paysage
tellement
hachure
lisière
de l'effondrement
quand
toute ville
a la nausée
dégueule
sur ce qui la tient
la
maintient
la
fait grande
lisière
de la nausée et du belvédère vers les paysages





