Rue du petit Clos #2
Tu avances sous le ciel blafard
le pavé froid presse tes semelles
les murs se referment comme un regard
serré sans éclat sans étincelle
le souffle court dans la ruelle
le vent traîne un goût de silence
les fenêtres aux paupières closes,
gardent secrète l'absence immense
tu marches en bordure d'un rêve
où l'asphalte devient terre morte
les ombres glissent lentes et brèves,
comme des feuilles que l'automne emporte
chaque pierre pèse un poids ancien
comme un grain dur dans la mémoire
tu frôles la lisière incertaine
d'un monde aux contours sans histoire
le bitume craque sous tes pas lents
ta course est une danse figée
tu franchis la ligne du temps
où s'efface toute clarté
tu es l'écho d'un cri étouffé
la trace d'un pas déjà passé
dans cette rue où tout s'efface
tu cherches la lisière fugace





