Allée de Montchany #2
Comme
un journal
je
pourrais tenir un compte quotidien de ma lisière au monde
comment
bien sûr elle dépasse
les
limites des cartes
comment d'ailleurs elle s'illimite aux territoires en expansion
somme
de l'expérience
somme
de l'autre et de la marche
de
la rencontre et de la fuite
somme
des retirements et des accélérations
la
lisière quotidienne est le journal de l'univers
en
extension
aux
vecteurs inégaux
ralentie
là et ici accélérée
jour
faste ou enterrement
la
lisière finalement n'est pas de carte
mais
d'ordinaire réitéré
là
c'est le cri qui s'évertue à porter un propos
au-delà
des murs
là
c'est le silence de la perte
la
pente et le désespoir du jour
qui ne finit pas au mur de la villa
journal
de la bordure d'un monde mouvant
tellement
mouvant
émouvant
aux limites et rassurant
au
cœur
compte
quotidien des dépassements
décidément
la lisière est tout sauf une finitude ou une séparation
plutôt
elle diffracte
prisme
visuel des libertés au monde
et
des égarements polyèdre chromatique et kaléidoscope en gazette





