Envoyée par Lucas FALCHERO le 18/04/2025

Allée Evariste Gallois

On chemine sur cette allée
axe quasi rectiligne
segment tracé dans la trame du vivant
et tu es là
en bordure d'une géométrie hésitante
entre le plan topographique et le flou organique
le corridor d'arbres déploie ses branches comme en arcs de cercle
des courbes d'incidence
dessinant des frontières invisibles entre l'espace construit et l'espace laissé vacant
c'est le double fragile entre l'intérieur et l'extérieur
la séparation qui ne cesse de vaciller
nœud de continuités disjointes
tu avances sans vraiment savoir
sur la rive ou à la source
le domaine se fragmente en segments éclatés
cellules juxtaposées à la manière d'un maillage imparfait
chaque branche chaque ombre joue le rôle d'un point critique
un repère à la topologie mouvante
on traverse le couloir tel un plan cartographique
mais le relief n'est plus fixe
se dérobe
pulse sous la lumière tamisée
ce n'est plus une simple frontière mais un espace liminaire
zone tampon où tout bascule
sens-tu sous les pieds la ligne de partage
rideau entre deux cartes superposées
entrelacs d'axes qui refusent la fixité
le ciel s'infiltre entre les ramures
filtrant une lumière fractale
jouant avec l'ombre comme une fonction discontinue
saut dans la topologie du réel
on ne sait plus vraiment où commence l'ombre et où finit la lumière
où finit le sentier et où débute la forêt
ce n'est plus une question de lignes droites ou de courbes continues
mais d'une frontière floue
seuil indécis d'incertitude
la frontière molle où tu t'inscris sans trace
entre le visible et l'effacement
au creux de cette allée
tu deviens la lisière
interface mouvante où s'abolissent les âmes
ligne de fuite à l'infini
carte sans contours nets
la topologie sans nœuds fixes

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