Rue Aristide Briand #2
Le sentier cède sous les pas absents
les herbes plient dans un vent sans nom
deux véhicules figés s'alignent comme des signes sans adresse
le métal pèle
la peinture se détache en lames minces
comme des souvenirs
la terre remonte lentement dans les roues
et dans les serrures
la cabine s'ouvre à l'air comme un thorax vide
les vitres laissent passer le ciel en lignes brouillées
il n'y a plus de trajectoire
seulement un élan suspendu
au milieu d'une clairière incertaine
les arbres encadrent le cadre
les collines au loin sont les boucles mémorielles
de la lisière
une ville flottée s'accroche à la lumière
le sol devient lisière
le souffle manque dans les structures organiques
le plastique reprend forme comme une peau secondaire
l'ombre s'ajuste aux formes résiduelles
et ce qui tenait debout se dissout dans l'image
d'un seuil replié sur son propre axe





