Voie Communale n°2 de Clermont-Fd à Malintrat
On roule au bord du néant
les lignes s'étirent se distordent
fractales d'asphalte mêlées aux veines d'un cerveau en déroute
la route se dilate
dédouble ses coordonnées dans un ballet de rétines hallucinées
l'horizon tournoie
tu centrifuges un temps dissous
toute lumière se fige en pulsations synaptiques d'une mémoire mécanique
on avance
on ne sait plus où finit la peau du sol
où commence l'éther
la voie communale glisse comme une drogue synthétique sous la langue du paysage
on entend les battements lents d'une horloge neuronale
ta respiration discontinue
la topologie se déconstruit
comme des plaques tectoniques de silicone et d'algorithmes
on ne sent plus le vent
seulement les vibrations électriques qui traversent le tissu des jours
quelques phrases simples
la voiture tourne à gauche
puis à droite puis tout disparaît
on chute dans l'espace d'une lévitation psychotrope
le vertige s'épaissit
la vitesse mute en fracas intérieur
influx nerveux déchaînés
synapses saturées
on franchit la lisière raturée
on oublie la ligne droite
et tu s'inscris enfin dans la courbe d'une orbite
sans repère ni mémoire





