Jardins communaux
La rue portait des voix
aux murs de Malintrat
des enfants sous le toit
lisaient l'écho des mots
un portail mal fermé
claquait l'après-midi
le trottoir s'animait
de gestes indécis
plus loin que l'abribus
la ville se défaisait
le sol était minus
les herbes sans reflet
on marchait sans y croire
dans le champ d'avant-mort
c'était pourtant l'histoire
d'un village sans corps
l'odeur des lessiveuses
laissée sous les volets
mourait dans l'aire herbeuse
comme un linge oublié
le son s'étiolait
entre les deux maisons
plus rien ne le portait
qu'un vent de transition
les verts s'évaporaient
dans le gris no man's land
et la pierre murmurait
à l'ombre d'une lande
j'ai perdu mes appuis
entre Aulnat et Gerzat
tout semblait réuni
dans ce flou clandestin
le chaud d'un vieux moteur
le froid congélateur
la vie désuétude
le cri dans l'habitude
et les fils accrochés
n'avaient plus de parcours
le temps s'est rapproché
du vide et du contour
j'ai fermé tous mes sens
au seuil des deux communes
l'air tremblait d'indécence
sous une lune brune
et sans chercher pourquoi
je suis devenu seuil
ni dedans ni chez moi
ni lumière ni linceul





