Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Rue des Prés hauts #5

J'ai croisé Bob Dylan au bout du chemin creux

lisière des herbes et des voyageurs clandestins

ici le train ralentit au passage à niveau

seule la grille blanche et parfois rouillée

détermine au bord de la lisière encore

le lieu normé des zonards en errance

les lieux francs d'acier et de ballast granitique

et le premier départ c'est ce chemin fou

à l'ombre étroite des arbres morts

franchissement ralenti des marques de la frontière et du voyage

cette grille superflue

empêchement peut-être des petits animaux

mais support des directions de la fuite

pour partir suivre la grille

semble-t-elle dire

partir et chanter au son mou des arbres secoués par le vent

puis suivre le chemin derrière les ombres drues

senteur de romarin

fourmillement de la marche éperdue

de la fuite au lointain

double-lisière dont il faut suivre l'axe et non le contrarier pour fuir les grilles et les chemins de fer

vecteurs du concret

vecteurs féroces de l'alité enclose

et des renoncements

là-bas, à l'ombre des chapeaux de paille et des violoncelles

Dylan Bob chantonne et mâche la tige d'une graminée jaune
lisière ouverte sur les inspirations nomades

🚀