Rue des Prés hauts #5
J'ai croisé Bob Dylan au bout du chemin creux
lisière des herbes et des voyageurs clandestins
ici le train ralentit au passage à niveau
seule la grille blanche et parfois rouillée
détermine au bord de la lisière encore
le lieu normé des zonards en errance
les lieux francs d'acier et de ballast granitique
et le premier départ c'est ce chemin fou
à l'ombre étroite des arbres morts
franchissement ralenti des marques de la frontière et du voyage
cette grille superflue
empêchement peut-être des petits animaux
mais support des directions de la fuite
pour partir suivre la grille
semble-t-elle dire
partir et chanter au son mou des arbres secoués par le vent
puis suivre le chemin derrière les ombres drues
senteur de romarin
fourmillement de la marche éperdue
de la fuite au lointain
double-lisière dont il faut suivre l'axe et non le contrarier pour fuir les grilles et les chemins de fer
vecteurs du concret
vecteurs féroces de l'alité enclose
et des renoncements
là-bas, à l'ombre des chapeaux de paille et des violoncelles
Dylan
Bob chantonne et mâche la tige d'une graminée jaune
lisière
ouverte sur les inspirations nomades





