Avenue Ernest Cristal
On entre dans la commune comme on paraphe un décret
sans cérémonie
sans accueil
simplement portés par l'inertie du flot et le code de la route
sur la D765
c'est indiqué
tout est cadré
balisé fléché
on franchit le seuil administratif sans frisson
sans sentir la bascule
on entre dans Clermont-Ferrand comme on change de colonne
affecté à une case nouvelle
statut validé rattachement opéré
lisière de l'absorption
les panneaux font foi
nomenclature claire
ville fleurie trois étoiles
arrêté municipal sans doute reconduit d'année en année
on traverse un couloir d'arrêtés
de règlements
de prescriptions
de décrets implicites
signature de la lisière
ici la vitesse est fixée
là les enseignes ont droit d'affichage
tout est conforme au PLU
au SCOT
à l'échelle intercommunale
on pénètre un tissu qui n'est plus urbain ni rural
mais décisionnel
on glisse sur une emprise cadastrée entre deux zones d'activités
on ne parle pas d'habiter
on parle de compétences transférées
de gestion des flux
d'attractivité territoriale
les friches sont des réserves foncières
les arbres sont des îlots de fraîcheur
les gens sont des usagers
on avance
on consomme
on adhère
on ne quitte pas la ville
on entre dans une convention
A quelques mètres à droite de ce panneau, au bout des parkings,
on croise le train, tel un vecteur centrifuge
depuis le centre de la ville.
Comme rue des Montagnards.
Ou le long de la ligne ferroviaire.
Ou rue de la Charme.
Ou rue de l'Aviation.
Cette fois direction le Sud.





