Envoyée par Lucas FALCHERO le 16/04/2025

Rue du Château des Vergnes

Je reconnais l'arbre à sa duplication
motif d'ombres et d'inversions
la mitose lente des feuillus alignés sur l'allèle du chemin
la lumière se pose en bandes discontinues
comme un séquençage bâclé interrompu par les introns du feuillage
j'avance dans ce couloir de recombinaisons
entre le grillage des lignées fixées et les bancs d'un parc résiduel
je sais que l'haplogroupe des pierres à l'horizon ne m'est pas étranger
elles portent dans le champ arrière l'écho muet d'un codex pastoral
à gauche un muret de bois replié vestige d'un ribosome sans fonction
à droite la clôture fibrillaire d'un terrain stérile où rien ne s'exprime
je suis ici dans la zone neutre l'intervalle entre deux lectures du réel
ce n'est ni du muscle ni du gène mais une syntaxe oubliée de la matière
mon corps s'aligne sur l'axe des topologies végétales
je perds l'odorat et le goût
le sol me renvoie l'odeur sourde des nucléotides morts
j'entends parfois un crissement de feuilles
peut-être signal faible d'une mutation somatique
l'air est chargé de pollens difformes
les yeux piquent l'esprit rime
je pense aux zones régulatrices
aux silencieux aux activateurs
un enfant passe loin derrière
il porte une casquette et l'anaphore d'un été
je suis déjà presque hors-champ absorbé dans les interstices
on dit que les lisières sont fertiles mais celle-ci me renvoie à l'origine
je n'ai pas franchi la barrière c'est elle qui m'a transcrit
le lieu est calme comme un repli du génome
j'y marche encore mais sans phénotype

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