Rue de Rivaly
Je
vis cette rotation horaire au bord de la lisière
comme
un tour renouvelé d'ascenseur
en
aller-retour incessant
haut
le cœur entre les étages
avec
vue sur la mer ou les rivières enterrées
ci-git
là, au bas des jardins de pierre
le
tracé d'un ancien ru séché
pourtant
encore marqué sur les cartes
on
ne sait pas son nom
comme
un étage ignoré
juste
qu'il se jette plus loin dans la Tiretaine
affluent
nord-ouest du flot
comme
un supplément oublié
un
geste supplémentaire léger et rassurant
vide
sur le jardin depuis l'étage
rotation
en creux
je
vis comme vacuité
ce
chemin de pont et d'enjambement
la
lisière est aussi ce trou noir qui aspire indistinctement
tout
étage toute lumière tout fleuve noir
et
dans la rotation je veux telle résurgence apparaitre
telle
jonction qui ordonnerait le chaos urbain
comprendre
la lisière organisée autour d'un ru éteint par les hommes
malheur
de l'homme sans eau qui s'écoule
malheur sourd de la lisière à la cause oubliée





