Rue des Prés hauts #4
Pourtant tu vois quelque passage
à chaque fois à chaque fois
se maintient dans la droiture
lisière centimétrique de la nature convulsion
vite que les griffes de la mûre
viennent arracher les enduits et ces grilles
lisière vivante de la destruction
mais encore ce chemin qui semble à désirer
verdure qui me berce
verdure feuilles de charme et quelques noisetiers
l'humus et là qui rouge les fondations
lisière goulet franc de nature
quand viendront les rivières
les torrents de montagne renverser tous ces murs
le chemin alors fou sera le le lien dernier avec l'âge du farouche
quand tout sera bétonné
ici la lisière avaleuse de verdure est à l'œuvre morbide
je ne retrouve plus les espaces de nature que j'avais parcourus
enfant je ne retrouve plus mes mains dans les feuillages
et les doigts noirs de mûres
il n'y a pas qu'ici que la lisière obscure œuvre à dénaturer
on verra dans longtemps le cas d'écoquartiers
simplement
parce que poussés sur des champs des cultures
mais
coulés de bétons de goudrons de pavés et de murs





