Envoyée par Lucas FALCHERO le 18/04/2025

Cimetière Saint Jacques

Sentier de terre fine
à peine marqué
comme s'il hésitait à exister
sur ma droite
le mur continue
beige rugueux discret
pas encore couvert de signes
mais déjà fatigué
borde les choses closes
les jardins tenus
les secrets végétaux
à ma gauche
la végétation monte à l'assaut
elle déborde
elle s'effondre
elle grimpe
c'est un chaos vert
un désordre obstiné de feuilles
de tiges et de nervures
les arbres s'inclinent
les ronces se glissent sous les fougères
les herbes s'étirent à hauteur de genoux
j'entends des insectes sans les voir
j'imagine leurs trajectoires courbes dans l'air tiède
le chemin devient couture fragile entre deux règnes
une lisière frémissante
presque tremblante
je me tiens au centre où rien ne m'appartient
ni le bâti ni les buissons
j'avance comme dans un livre dont on aurait arraché les premières pages
chaque pas efface ce qui précède
l'ombre est dense mais ne pèse pas
elle glisse et ondule
elle m'enveloppe
le silence a changé de texture
il est tissé de bruits mous de frôlements
de soupirs végétaux
je marche à la jonction
à l'endroit exact où le monde se défait lentement de son ordre

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