Avenue Joseph Claussat
C'est toujours sous les chantiers que j'écris la lisière
bruits et poussière de béton me ramènent à la rue
et à son débouché sur l'artère
flux fuyant la ville vers d'autres villes
flux rentrant sortant comme une masturbation
ici Clermont fait rang et s'aligne raide
dans l'axe des cités au tour
seul un chemin serpente et suit la lisière
perpendiculaire à l'axe principal
et suivant la ligne de plus grande pente
tracé naturel en somme
ce pourrait être de l'eau
qui déborde du puits
limpide et claire sous
la laideur grise des goudrons
silence définitif de l'eau tarie
drainée perdue enfoncée
elle ne heurte plus jamais l'axe bien hérité qui croise la lisière
et qui la fait
réelle et disparue
rêve et pourtant là comme réminiscence
et trajet magnifique aux courbes objectives
relief géologique poissant
geste de la main tendue vers la cime jamais bien loin
étagement stratifié des chemins et des routes au long des courbes de niveau
ils forment des belvédères
balcons sur la ville avec vues privilégiées
il faudrait comparer avec les courbes de niveau
la lisière est cette topologie obligée
relief oublié sous l'asphalte et les équipements
surimpression géographique
palimpseste des strates et des écoulements de nature disparus
je veux réécrire les lieux logiques de la lisière perdue





