Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Rue Jean Maupoint

Là c'est la cité inutile qui broie
aux habitations mélangées
et offre au résident
l'ensemble fort de toute commodité
la vie encapsulée
la vie rêvée du mou aux étages compassés
du mou de l'arrivée du lentement sacrifié
la lisière a ce coût sur les hommes qu'elle fixe fort et déterminé
qu'elle nécessite une vision sans cesse renouvelée
donc aussitôt obsolète à mesure que la ville étend ses rues
comme autant de parkings
autant de chéneaux creux et de terrasses plates
qui peut se réjouir d'habiter la lisière lorsqu'elle ne se distingue plus.
dépossession du sentiment exorcisme presque
oblitération définitive des sens
mais au moins je peux garer ma voiture
au pied c'est le contraire exact de la révolution
l'immobile mesquin des lieux achevés
lieux communs
l'urbain fini comme tombeau gris des vies rêvées
lorsque le chemin a longtemps disparu au profit du parking
et de la place numérotée.
alors tout balcon est une barrière
toute ouverture un empêchement
tout tracé un cheminement obligé
la liberté individuelle s'amenuise
au contact de la lisière enclose
ce sentiment cherché se perd dans l'aveugle et le tranquille.
j'espère qu'ils n'ont pas choisi de ne pas vivre ici
mais juste respirer

🚀