Chemin des quatre routes
Photo
nue d'un parking vide
peut-on
montrer lisière plus dépouillée
plus
vide de sens
et
pourtant tellement vive tant c'est bien là que s'achève la
ville
l'aplomb
de ce talus
ou
à sa crête
mais
au talus
ou
à l'aplomb des tilleuls et des hêtres
au
droit de leur fût gracieux
ou
sous leur frondaison dense et odorante
lisière
vide des sols réunis
où
le tapis de la chaussée rencontre ce grain du chemin plat
ou
la paille de l'herbe coupée
cette
photo nue d'un parking vide
c'est
bien lie lieu étrange et dépouillé de la lisière
où
tout de la ville s'achève
où
se terminent ses artifices de surface
ses
surfaces artificialisées
ses
talus forcés
ses
haies déterminées
lisière
cette cathédrale du vide
nue
mais le lieu des finitudes
à
peine si quelques ombres poussent sur le bitume
et
brisent la rectitude bien compassée de la ville enfuie
compas
règle et décamètre
fil
à plomb des arcs tendus devenus droites
encore
que le nu va bien à la lisière
tellement
ce vide dont elle est empreinte
à
la fois des surfaces de ville
des
espaces de vie
des
vies naturelles
et
de la fin des illusions
lisière
comme préfiguration concrète
de
la fin des idéaux
de
l'échec des systèmes urbains





