Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Chemin des quatre routes

Photo nue d'un parking vide
peut-on montrer lisière plus dépouillée
plus vide de sens
et pourtant tellement vive tant c'est bien là que s'achève la ville
l'aplomb de ce talus
ou à sa crête
mais au talus
ou à l'aplomb des tilleuls et des hêtres
au droit de leur fût gracieux
ou sous leur frondaison dense et odorante
lisière vide des sols réunis
où le tapis de la chaussée rencontre ce grain du chemin plat
ou la paille de l'herbe coupée
cette photo nue d'un parking vide
c'est bien lie lieu étrange et dépouillé de la lisière
où tout de la ville s'achève
où se terminent ses artifices de surface
ses surfaces artificialisées
ses talus forcés
ses haies déterminées
lisière cette cathédrale du vide
nue mais le lieu des finitudes
à peine si quelques ombres poussent sur le bitume
et brisent la rectitude bien compassée de la ville enfuie
compas règle et décamètre
fil à plomb des arcs tendus devenus droites
encore que le nu va bien à la lisière
tellement ce vide dont elle est empreinte
à la fois des surfaces de ville
des espaces de vie
des vies naturelles
et de la fin des illusions
lisière comme préfiguration concrète
de la fin des idéaux
de l'échec des systèmes urbains

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