Envoyée par Lucas FALCHERO le 16/04/2025

Chemin des Ronzières #2

On chemine à l'orée d'un souffle
la terre s'éveille et se dérobe
ligne fragile où l'on croit toucher
le bord du monde
frôlement d'une frontière
qu'on n'ose nommer
ce fil invisible qui tremble
entre l'ici et l'ailleurs
lisière vibrante où le regard se perd
tu avances en silence
pieds nus sur l'échine d'une herbe trop verte
le chemin serpente
échos d'un passé qui se défile
on entend battre un cœur mécanique
battements calés sur l'horloge des jours
la lumière glisse
se fait liquide
poudre d'éther sur les veines de l'espace
la peau du sol s'efface
s'entrouvre en pixels
rideaux de codes et d'algorithmes invisibles
on sent la trame se tendre sous la peau
lisière en suspens
passage incertain
à franchir à fuir
ou bien à retenir
la vitesse s'emballe
les repères s'effacent
l'angoisse danse en spirale
fractales d'une transe psychédélique
le vent ne souffle plus
il murmure des indices
des phrases simples
le ciel s'obscurcit
la pluie tombe
la route tourne
les pas s'égarent
on flotte dans un vertige savant
oscillation d'un temps déployé
flux nerveux en cascade
on s'inscrit on se dérobe
on cherche la lisière
ce seuil mouvant
qui ne cesse de se défaire

Ecoutez «Variation Goldberg, ARIA» de Johann Sebastian BACH
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