Rue Gourgouillon
Vivre à la lisière c'est payant semble dire le lieu inscrit dans la ville
lorsque la lisière se fond étroitement avec les rues
que rien de distingue plus ni l'intérieur ni l'extérieur
vers où alors tourner mon regard
dans quelle direction
quel sens à la révolution
tout est figé dans le calme d'un jour de semaine
ralentissement infécond du mouvement général
jamais on n'est aussi loin d'une limite
jamais aussi éloigné du sentiment recherché
jamais aussi peu à montrer le dedans du dehors
néant urbain de la lisière
c'est un arrêt du cours de l'existence comme un essoufflement
témoin de la conquête urbaine
comme plomb
comme métal fondu
et surréalisation des sols en virage
la ville couvre la lisière et l'efface
disparition soutenue du sentiment de là
lieu sans âme
lieu blanchi
comme argent sale
lieu renouvelé sans fin
couvert recouvert
désensibilisé
fixation définitive des espaces originaux
interruption ultime de l'original
assimilation des bordures en habitat sans âme
balcons sur le vide et meulière apparente
haies taillées détaillées au détour des vacuités de style
la lisière fait parking encore et anéantissement





