Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Parc Beaulieu

J'écris dans la lumière du jour cette lisière qui n'est pas sans rappeler une disparition
ce chemin ce serait le lieu des passages communs
et voilà qu'il est vide
on s'en est retiré
ceux qui passaient-là ont disparu
avec ceux qui vivaient là
la lisière est ainsi le lieu d'un passage
mais aussi celui d'une disparition
sorte de ravissement au monde concret de la ville finie
et des chemins organisés
ce qui passent là laissent une empreinte en creux
transparence hominidée à travers les arbustes
on dirait le générique de The Leftovers
quand la forêt abrite des simulacres de corps
des silhouettes ravies au monde
il n'y a plus de lisière
mais des disparitions
plus de foule sur le chemin
mais des absents au monde
mystère de la lisière
ravissement des corps
la lisière opère-t-elle sur le corps une désappartenance au milieu
comme un effarement
un effacement progressif
le sentiment de la lisière que je cherche est-il celui d'un tel déracinement
comme partage des eaux
qu'il est sensiblement celui de l'effacement progressif
la couleur alors de la lisière est ce gris vaporeux ruisselant
brouillard léger et odorant
qui s'écoule entre les arbres
et dessine en creux et dans le silence des oiseaux des autos
ce nombre réduit des survivants

🚀