Carrefour de la Pardieu
Comme un engrenage à ciel ouvert
il cherche la sortie comme on cherche le sens
la bretelle utile
l'embranchement favorable
il tourne comme un badge sur un cordon
dans le vent des horaires variables
les lampadaires sont des stylos dressés
les voitures rangées comme des lignes de code
et l'hôtel diffuse son sommeil de salle de réunion
seul au cœur de la mécanique
seul comme un chef de service tardif
à l'heure où la lisière se referme
non sur un champ
mais sur un zonage
les arbres sont comptés
le trottoir recalé
la nature avance à pas de formulaire
comme un stylet sur une dalle
comme un graphe logistique
comme une rumeur d'open space
il habite ce rond comme on habite un poste
avec des créneaux
des accès limités
et la pause déjeuner pour seule éclaircie
il est à la jonction des flux et des mots
à la frontière molle entre le temps utile et l'espace perdu
il est dans la lisière du jour ouvré
il attend que quelque chose cède
silence au fond des claviers
les allées sont tracées comme des axes de plan
les vitrines s'alignent à la cadence lente
tableau prévisionnel où l'on pèse le vent
et l'arbre isolé ploie sous toute charge absente
les bureaux sont fermés tels des coquilles froides
où rien ne recommence une fois la journée
et l'asphalte s'endort sur des consignes roides
seuil de la machine que personne ne sait





