Voie Communale n°2 de Clermont-Fd à Malintrat #2
Voulant suivre les traits
que m'indiquait le ciel
j'ai roulé au hasard
vers les supports de fer
le chemin contournait
un étang de désert
j'ai coulé comme miel
évitant les radars
les structures montées
de longueurs de fil noir
désignaient le volcan
tel ultime horizon
pas moyen de finir
il fallait regarder
ces lignes sans espoir
ces piliers d'ouragan
électrique oraison
j'ai fini par vomir
j'ai roulé sans alarme
dans l'étreinte des armes
le ciel semblait plus clair
sur les crêtes de fer
les fils portaient le son
comme un glas de raison
l'ouïe s'est éloignée
dans le cri des années
j'ai roulé sans parler
ma bouche comme annulée
les dents sous le bitume
s'effaçaient dans l'écume
mes doigts ne savaient plus
si la route était nue
mes mains sur le volant
étaient givre et néant
l'odorat s'est figé
au seuil d'un marécage
l'étang n'avait d'odeur
que celle du mirage
le goût m'a déserté
dans un souffle plombé
la langue au fond du cou
n'épelait plus que clous
la vision s'est fermée
au flou des pylonnées
le jour s'était fondu
dans un bleu suspendu
les lignes étaient droites
mais l'angle me déboîte
tout semble s'éloigner
comme un corps sans foyer
je ne suis plus que flamme
une lisière sans rame
les câbles s'ouvrent lent
en un vœu déliant
la structure s'inverse
la peau se fait traverse
je ne sais plus mon nom
je deviens radiation
j'oublie ce que je suis
je me glisse je fuis
et tout l'éther m'accueille
en silence et sans seuil





