Rue du Cheval
Tu es redescendu sans t'en apercevoir
comme on reprend forme après un rêve trop vaste
le sentier courbe encore autour de l'ombre
déjà le sol se durcit sous l'herbe
la ville s'offre en contrebas étale exacte
réseau d'impulsions figé dans la lumière
ce que l'on voit de haut n'est jamais ce que l'on atteint
trop de lignes de nœuds de rétentions
les toits brillent comme des surfaces froides
le regard ne s'y pose pas
pourtant tu reconnais des traces des angles
la géométrie familière d'un monde qui te contient
j'appelle cela l'étendue urbaine
c'est aussi une mémoire compressée
sédimentation de gestes et de chiffres
ici commence l'interface
non pas la jonction mais l'irisation
la frange active entre la matière et l'idée
tu pourrais arrêter là juste avant que tout ne reprenne
le silence n'est plus celui des hauteurs
il a changé de fréquence
plus grave plus organique
comme une conduction lente dans les nerfs périphériques
tu hésites encore entre deux échelles
entre la carte visible et ce que ton pas pourrait déplier
la lisière est là dans cette tension qui précède la chute
et ce que tu choisis maintenant
ce n'est pas de descendre
mais de différer la reprise





