Allée de Montchany
Je
ne sais jamais vraiment quand il faut se taire ou bien parler
je
crois que j'ai toujours parlé plus que nécessaire
et
trouvé dans l'espace de la parole surnuméraire
une
lisière au sensible
presque
une poésie
dans
ce verbe tiré et étendu aux extrêmes
jusqu'à
arc-bouter sur le définitionnel une part importante de l'acte de
dire
ainsi
je crois que tout ici participe de cette super-définition de la
lisière
dont
je ne peux qu'entrevoir
parcellaires
les
différentes manifestations
complémentaires
faute
de dire avec précision
je
tourne encore autour d'elle
comme
un essaim autour de la branche voulue
jusqu'à
la saisir complétement
la
lisière est alors le lieu
à la fois
des
réchauffements et des entassements
et
des fuites
le
lieu des courbes soutenues
le
lieu des droits d'échapper au monde
parler
ici de la lisière
c'est
bien mettre du son sur le silence
la
voix sur le murmure éteint des villes
et
le cancanement mièvre des oies en partance
au long des haies et des escaliers
ou
des canards invisibles
lisière
de la parole et chemin du silence
arbustes
inscrits dans la pente comme abat-sons





