Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Allée de Montchany

Je ne sais jamais vraiment quand il faut se taire ou bien parler
je crois que j'ai toujours parlé plus que nécessaire
et trouvé dans l'espace de la parole surnuméraire
une lisière au sensible
presque une poésie
dans ce verbe tiré et étendu aux extrêmes
jusqu'à arc-bouter sur le définitionnel une part importante de l'acte de dire
ainsi je crois que tout ici participe de cette super-définition de la lisière
dont je ne peux qu'entrevoir
parcellaires
les différentes manifestations
complémentaires
faute de dire avec précision
je tourne encore autour d'elle
comme un essaim autour de la branche voulue
jusqu'à la saisir complétement
la lisière est alors le lieu
à la fois
des réchauffements et des entassements
et des fuites
le lieu des courbes soutenues
le lieu des droits d'échapper au monde
parler ici de la lisière
c'est bien mettre du son sur le silence
la voix sur le murmure éteint des villes
et le cancanement mièvre des oies en partance
au long des haies et des escaliers
ou des canards invisibles
lisière de la parole et chemin du silence
arbustes inscrits dans la pente comme abat-sons

🚀