Chemin des Farnettes
Tant au sommet du coteau
au bout de ce chemin herbeux
il y a la cicatrice de métal du rail
et sa chaleur rayonnante au soleil de l'été
spectre odorant de métal rosacé
métal fondu et frottements
la lisière est cicatrice odorante
cet arceau double métallique et les bois goudronnés
mais soudain à l'axe de cet axe chaud
c'est le panorama des lisières de l'ouest
pavillons surplombants
nids d'aigles et contreforts
tout s'étale en vomissant des collines vers la ville
terrasses ensoleillées
cris de ruts et verre brisé
glissent nonchalamment vers les caniveaux combles et les orifices étroits
de la ville surplombée
logorrhée nauséeuse
diarrhée lente et herbe coupée
écoulement ralenti par le rail et la tranchée
mais glissement quand même
et fondation d'un socle mou de liqueurs et scories
la lisière est ce lieu des glissements vers l'aval
des avalements maladifs et des régurgitations sonores
tous les spermes
tous les acides et les retours incontrôlés
tous les râles derniers
et les souffles noyés dans des verres de champagne brisés
au sommet du coteau noir touffu d'herbes folles
c'est à peine si la lisière se distingue dans le mouvement ralenti des horreurs de l'été
quartier chaud des hauteurs
vue plombante sur la ville et ses désillusions sociales
à peine si le chemin de fer encore là certains jours
rythme la monotonie des laves qui s'écoulent





