Source de la Poix #4
Le jais s'étire
caresse dense et lente
fluide pulpeux qui s'échappe d'une fissure intime
balafre de la chair
où l'épiderme craquelé suinte son arcan
l'ombre viscérale glisse au rythme sourd d'un souffle enfoui
battement lourd
mémoire séminale d'un temps sous l'os
la substance se déploie
tour à tour cire et hémoglobine
coulée ténébreuse et silencieuse
comme un désir sourd qui ne cesse de remonter
entrailles d'un monde où le mutisme s'alourdit
autour les corps froids de la roche
les ossements muets d'un passé figé
gardent l'écho d'une vie suspendue entre deux lisières
et dans cette lisière noire
le corps du monde se défait
se fond dans une lente caresse obscure
frontière mouvante où le vivant et l'oubli
se mêlent au souffle lourd d'une nuit sans fin





