Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Avenue Jean Jaurès

La lisière est-elle vraiment ce pointillé épais ?
Est-elle au partage dessinée de la voie ?
Ce serait une singularité spatiale digne de fiction et de jeu
Un parcours sinueux de l'axe séparatif comme une tangente,
à l'aplomb des pavillons, à la roue des autos.
Encore je rêve des réseaux souterrains qui croisent la lisière et se dessinent ici en travées épaisses,
ces tranches mal abouchées.
La lisière, décidément, est à la fois limite et passage, frontière
(je n'aime pas ce mot, frontière)
et front à franchir obstinément comme cet homme au pas décidé foule
ou s'apprête à fouler sans bien savoir une limite oubliée,
disparue sous les rues noires.
Vue unique des pavillons sur la lisière.
Savent-ils une fiscalité différente d'un bord
à l'autre de la rue, fiscalité choisie ou fortuite ?
Savent-ils ces pavillons, le sentiment de lisière
inscrit malgré tout dans la rue, les panneaux et ces automobiles.
Question ; les habitants de la lisière ont-ils choisi de la côtoyer un jour,
longtemps ou récemment ? Savent-ils seulement ?
Est-ce bien un sentiment, celui du bord,
de la bordure quand il n'en reste rien de tangible ?
Ou le fantasme d'un réseau secret ?

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