Rue de Montcharvais #3
Je
sais que c'est elle
cette
lisière comme une prison nouvelle
qui
là donne la ville à voir comme seul espoir de renouveau
pourtant
quel repoussoir
lorsqu'on voudrait la ronce et le muguet s'insinuer entre les pierres
qu'on
attendrait des vues larges et non pas des perspectives fuyantes
pas
de drame pourtant
plutôt
cent milles oiseaux sur les toits
que
l'on dirait posés là à chanter un sortilège de vie noircie
des
corneilles et des geais
oiseaux
infidèles à l'avenue
destin
sans parole
Horizon
sans bleu
des
adieux ici lancés comme des enterrements
le
bord noir de l'enveloppe
désigne
le monde mort de la ville étouffée
la
peau et le soleil ne font plus le doré bronzé brossé que l'on
aime
prison
nouvelle de la ville
lisière
assassine et suceuse de vie
drame
léger passager de vent fou
il
n'y a plus de quartiers
juste
une utilité
que
le cri des oiseaux noirs marque et impose
à genoux pénitent ou apostat
sous
le joug jointoyé des tunnels de lave
vers
tout broyeur commun
de
vie et de destin





