Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Rue de Montcharvais #3

Je sais que c'est elle
cette lisière comme une prison nouvelle
qui là donne la ville à voir comme seul espoir de renouveau
pourtant quel repoussoir
lorsqu'on voudrait la ronce et le muguet s'insinuer entre les pierres
qu'on attendrait des vues larges et non pas des perspectives fuyantes
pas de drame pourtant
plutôt cent milles oiseaux sur les toits
que l'on dirait posés là à chanter un sortilège de vie noircie
des corneilles et des geais
oiseaux infidèles à l'avenue
destin sans parole
Horizon sans bleu
des adieux ici lancés comme des enterrements
le bord noir de l'enveloppe
désigne le monde mort de la ville étouffée
la peau et le soleil ne font plus le doré bronzé brossé que l'on aime
prison nouvelle de la ville
lisière assassine et suceuse de vie
drame léger passager de vent fou
il n'y a plus de quartiers
juste une utilité
que le cri des oiseaux noirs marque et impose
à genoux pénitent ou apostat
sous le joug jointoyé des tunnels de lave
vers tout broyeur commun
de vie et de destin

🚀