Envoyée par Lucas FALCHERO le 18/04/2025

Avenue des Landais #3

Où le goudron cède
comme un linge trop tiré sous l'averse
où l'herbe sèche pousse au ras du vide
d'un vert mat presque feutré
comme une peau oubliée
tu entendras le cri des insectes
comme une machine interne qui grésille
un souffle bas régulier
qui dira
c'est ici que commence le reste
l'odeur viendra plus tard
légère acidulée un peu rance
mélange d'huile de pollen et de pluie vieille
tu poseras la main sur le bitume
et la chaleur te racontera la veille
des pneus des semelles
des gestes manqués
la lisière est droite comme un choix sans détour
bordée de tiges hautes et d'herbes plates
que personne n'a couchées
elle sépare sans heurter
comme un trait au crayon sur un plan flou
le ciel s'épaissira d'un gris sans poids
un gris de cloison
et tu verras dans ce nuancier de l'ombre
quelque chose comme une attente
l'avenir calé entre les arbres
silencieux comme un chiffre avant qu'on le dise
tu marcheras dans cette direction
vers le non-dit
vers ce qui tremble à la jonction des usages
ta peau touchant le vent
tes yeux traversant l'herbe
un jour tu franchiras
cette lisière sans drapeau
et ton pas laissera
la forme exacte d'un début

🚀