Aéroport #2
Je franchis le sas lourd des structures portantes
passerelle étirée comme un bras résineux
un souffle stabilise un équilibre creux
des alarmes flottantes aux parois déchirantes
rebord de la cloison comme un fil conducteur
je glisse entre deux flux en tension parallèle
la matière s'efface en plan artificiel
poussée douce et rampante dans le régulateur
je cherche une sortie dans la grille thermique
nus capteurs alignés sous le béton nacré
l'angle du corridor s'est soudain replié
je m'approche à tâtons du seuil cinématique
l'enceinte vibre encore sous mon pas latéral
je suis oscillation seul comme une onde fixe
le monde est un recoin qu'un signal me transfixe
je décèle un trajet dans l'ombre terminale
le hangar s'est ouvert comme un livre inversé
j'atteins seul une allée sous tension magnétique
chaque pas fait trembler la trame algorithmique
le silence est total dans l'air recompressé





