Envoyée par Lucas FALCHERO le 15/04/2025

Rue de Montcharvais

Lisière tu t'écoules par tous les orifices
lisière à vue
ventre au bois sous tout pont de pierre
lisière liquide et sombre comme un sang de vache
je vois tes réseaux veineux et les traces de pas
les poussières de la ville fixées dans tes écoulements
sont des ciments nouveaux
tuilage lent des strates
l'empreinte de l'année te grossit lisière souple
vers le bois
le carré de nature
inscrit compris entre les nationales
lisière de sang lourd et de ciment
prompte à enclore
à perdre au noir les randonneurs de passage
lisière comme une commanderie
chemin de halage vers le sec des entrées de ville
étroitesse du doigt désignateur de l'orifice
l'anneau se porte et puis se perd sur ces articulations contrôlées
croix du sud plantée sur un nouveau désert retrouvé
quand saurons-nous cheminer en les tunnels de lisière
écouler lent nos fleuves humains
nos sociétés serviles
nos colères vers des coins de nature sacrificielle
il en faudrait des cents des milles
de ces rectums de pierre vers les caniveaux
on n'aura jamais fini de déborder les lisières pour faire des égouts


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