Rue de Montcharvais
Lisière tu t'écoules par tous les orifices
lisière
à vue
ventre
au bois sous tout pont de pierre
lisière
liquide et sombre comme un sang de vache
je
vois tes réseaux veineux et les traces de pas
les
poussières de la ville fixées dans tes écoulements
sont
des ciments nouveaux
tuilage
lent des strates
l'empreinte
de l'année te grossit lisière souple
vers
le bois
le
carré de nature
inscrit
compris entre les nationales
lisière
de sang lourd et de ciment
prompte
à enclore
à perdre au noir les randonneurs de passage
lisière
comme une commanderie
chemin
de halage vers le sec des entrées de ville
étroitesse
du doigt désignateur de l'orifice
l'anneau
se porte et puis se perd sur ces articulations contrôlées
croix
du sud plantée sur un nouveau désert retrouvé
quand
saurons-nous cheminer en les tunnels de lisière
écouler
lent nos fleuves humains
nos
sociétés serviles
nos
colères vers des coins de nature sacrificielle
il
en faudrait des cents des milles
de
ces rectums de pierre vers les caniveaux
on
n'aura jamais fini de déborder les lisières pour faire des égouts





