Echangeur
L'échangeur aspire
n'indique plus les issues
la lumière scande par à-coups
une route sans volume
on passe à l'intérieur d'un anneau sans toucher les parois
l'air est nappé des grondements sourds pulsés par en dessous
comme une rumeur circulaire
on se souvient avoir glissé sous les feux d'un matin chimique
on a vu des lignes tourner seules au-dessus du bitume
des bretelles souples s'ouvrir vers le sol
la chaleur montait en plaque derrière les yeux
les courbes vibraient
on se fondait dans la géométrie du lieu sans même effleurer le fer
les nerfs ralentis mais les jambes toujours là
on descendait en soi comme une rampe auxiliaire
et les voix se multiplient dans la cage thoracique
juste suivre un panneau
où les lettres fuient le lexique
la vitesse devient tactique
boucle lente sur le nerf vague
spirale douce au milieu du thorax
puis une herse d'ombres alignées
clôture grise au centre du trajet
on a levé les mains dans un geste rituel
le goudron respirait l'odeur des trajets vides
on n'a pas su si l'on passait ou si l'on restait
l'hallucination tient dans la pente
les seuils vibrant sans fin dans la mémoire des pas
et le silence ruisselle dans l'interstice noir
entre deux voies qu'on ne saura pas nommer
autrement que lisières





