Ligne ferroviaire
Là
où tout se trouvait
là
où nous nous trouvions
il
n'y a plus que la voie
et
ces rails infinis qui prennent tout
l'espace
comme le sol
radical
du chemin
artère
sectionnée de la lisière par où s'écoule toute nature
où
disparaissent tous les trains et les gens
là
où le chemin chantait les années oubliées
Dylan
ou Paul Simon
voilà
qu'il parfume de ses goudrons chauds tout l'air où nous nous
tenons
et
vibrionne les photos et les cadres
là
où tout se figeait dans l'été
passent à présent les aciers hurlants
tout
restait calme et droit
légèrement
chantonnant
à
présent tout hurle l'arrachement
contraire
exact du calme des frondaisons et des licences molles de la randonnée
qui
pourra raisonnablement illustrer le rail en chanson
la
lisière et donc ce lieu radical du changement des registres
de
l'alternance des répertoires
tu
vois bien qu'à quelques mètres
la
chanson du réel n'a pas le même tempo
Ici, on croise le train, tel un vecteur centrifuge
depuis le centre de la ville.
Comme rue des Montagnards.
Cette fois direction l'Ouest.





